07.05.2012

Femme dans un canotier, Robert Demachy/1899

Femme dans un canotier, Robert Demachy, 1899.jpg

03.05.2012

Hier

D'un présent aux lignes indécises
Souvenir, hier, un jardin
Quelques cerises
 
Hier, c'est bien mieux que demain
Qu'après demain sur le chemin
Le sentier noir
 
Avancer pousser les heures
le temps s'envole vers le soir
et le malheur.

17.04.2012

Les amants

Le vent et la pluie emmêlés
Dans tes cheveux et dans tes yeux
Un baiser
 
Aux lèvres noires des adieux
Dernier rappel et dernier feu
Quelles amours ?
 
Le temps déchire les amants
Ils s'éloignent le coeur bien lourd 
Dans le vent.

28.02.2012

Amphitrite et Neptune

 

Fontaines figées, Amphitrite

S'endort dans la glace et la brume

Stalactite


Sa sœur, cœur de diamant, Neptune

Regarde le roi qui s'enrhume

Cœur de bronze


Un passant au col relevé

Recherche en vain une réponse

Cœur glacé.

14.02.2012

Nancy

Nancy, un quartier, des passants
Une place blanche aux reflets
D'argent
 
Des rues bourgeoises et efflanquées
Trois maisons au bout de ton nez
Tes yeux
 
La vieille ville qui s'endort
Les gens ont l'air d'être joyeux
Ils ont torts. 

11.02.2012

Anne Mangeot :Eclats de Verres

Une fois n'est pas coutume ; un peu de publicité pour un livre qui a tout de même été écrit par mon épouse :) vous voulez rire, pleurer et réfléchir sur ce fléau qui touche tant de familles ? Lisez ce récit ; vous ne verrez plus les alcooliques... pardon les malades alcooliques sous le même jour ! Ce livre est préfacé par le Professeur François Paille, Président de la Fédération Française d' Addictologie et illustré par l'artiste lyonnaise Mina Qil.

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Avec authenticité, sincérité, humour et émotion, Anne Mangeot raconte son parcours de malade alcoolique : la prise de conscience de la dépendance, la lutte avec le produit, la relation avec les soignants, la rechute, la rencontre avec un groupe d’entraide … et puis l’espoir de retrouver le chemin de la liberté pour découvrir enfin le plaisir de l’abstinence heureuse et la joie de vivre sans alcool, libérée de l’alcool aujourd’hui.

L'auteur :

Anne Mangeot

original

Née en 1968, ANNE MANGEOT vit en Lorraine. Formatrice de l'Éducation nationale, elle se passionne pour l'écriture et l'art lyrique.

Éclats de verres  est son premier récit.

http://www.jacquesflament-editions.com/

09.01.2012

Devambez André (détail d'une gravure : projet pour la nouvelle année)

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05.01.2012

Proprios

Dans ce jardin silencieux
Ou renaît l'ocre et le bordel
Plus de feu
 
Les ombres d'une demoiselle
Dans les arbres, plus d'hirondelles
Des corbeaux
 
Et le givre qui cache l'or
 Fleurs éteintes : les proprios
Sont morts.
 
 

31.12.2011

Hiver

Dans la neige, des petits pieds
d'enfants. Il neige sur la ville
des regrets
 
Le flot des voitures immobiles
quelques flocons s'en vont tranquilles
sur les toits
 
Je ne trouve plus mon chemin
Pas même le son de ta voix
Plus rien
 
 
Bonne année à toutes et à tous en particulier à Lidia qui a encore disparu. :)

24.12.2011

Joyeux Noël

C'est la ville endormie de neige
Le silence fol et feutré 
Quelques arpèges
 
S'en vont par une cheminée
Dans l'air aux flocons mélangés
Quelques notes,
 
Alléluia dans le ciel
Une étoile nous emporte
Joyeux Noël.

19.12.2011

Automne

Bonsoir, il est tard, la nuit tombe
Je joue sur ce pauvre piano
Quelques rondes
 
Dehors il pleut sur les chapeaux
Sur les trottoirs, sur les idiots
Qui ronchonnent
 
Dessous les feuilles assoupies
Ou dorment les année ; voici
L'automne.

17.12.2011

Automne

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13.12.2011

Décembre

Un matin qui craint un peu
Hier est comme demain
Pas mieux
 
Décembre dans mes chemins
A peine un ou deux refrains
Fredaines
 
Stanislas redevient gris
Aux quatre coins les fontaines
S'ennuient.

21.11.2011

Mur

Le matin s'est figé, la brume
le long des routes qui défilent
Pauvre costume
 
Tout est gris tandis que j'enfile
Des perles de pluie inutiles
Entre mes doigts
 
Elles vont dans les bouches obscures
Avec ma peine tout droit
Dans un mur.
 
 

13.11.2011

Automne

Pourtant les livres sont ouverts
les pages sont noircies de toi
A mots couverts
 
Partout des mots entre les lignes
des phrases tristes qu'on aligne
Sur la portée
 
Des lettres qui sèchent déjà
le papier a jauni et l'encre
s'est froissée.

21.10.2011

Automne

Feuilles au-dessus des feuilles
Années sur années sur étés
Et quelques deuils
 
Jaune sur jaune surlignés
De brun sur de sombres pavés
Et bouches obscures
 
Pluie sur pluie lacs éphémères
Soleil si pâle et immature
Et jours amers. 

03.10.2011

Vacances

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19.09.2011

Réveil

  

 

Cette fête fut réussie
Mais qui sommeille près de moi
Dans ce grand lit ?
 
C'est un garçon entre ces draps
Il est beau et dort dans mes bras
Comme un enfant
 
Tandis que le jour appareille
Je vois ma femme et son amant
Curieux réveil !

29.07.2011

Silence (bis)

Silence, un miroir me remplace
J’ai beau tourner le dos, je vois
Dans cette glace

Quelque chose qui n’est pas moi
Le regard des autres, je crois
S’est incrusté,

Sous ces rides, c’est ma jeunesse
Qui froisse comme du papier
A lettres.

18.06.2011

Baiser noir

Le soir comme une certitude
Dépose sur tes lèvres nues
Un baiser noir
 
Tandis que le silence dort
Mon dieu il faut dormir
Mais plus jamais
 
Je n'irai à mes vingt ans
Boire les années qu'on moque
Et qui passent pourtant


24.05.2011

Flaques

Dans les flaques de l'oubli
Où mes chaussures ont sauté
Sans un bruit
 
J'ai laissé le sac, les billes
Les cigarettes et les filles
Les années
 
J'ai laissé la pluie, le vent
Et la douceur des étés
Et mes printemps.

09.05.2011

Autoportrait

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28.04.2011

Le matou

Au bord de la fenêtre, un œil
D'émeraude, l'autre est fermé
Comme un cercueil
 
Une truffe rose et râpée
Palpite, les moustaches usées
Dans la gamelle
 
De mon chat. J'ouvre la fenêtre.
D'un seul bond, Il se fait la belle
Au cœur d'un hêtre
 
 

 

17.04.2011

Absinthe

Plus qu'une ombre et lasse encore
Déversant mille reproches
Mille remords
 
Elle pleure et moi je pioche
Entre l'or et l' anicroche
Que reste-t-il ?
 
Un verger aux pies défuntes
Deux chats aux yeux immobiles
Et l'absinthe.
 
 

17.02.2011

Brevet blanc

 

 

Sur une table un graffiti

Qui dit je t'aime et je t'emmerde

C'est pas joli

 

Un vieux crayon qui s'emmerde

Des mots qui viennent et qui se perdent

C'est la dictée

 

Un jeune garçon aux yeux sombres

Devant un devoir de français

Tapi dans l'ombre.

 

 

 

 

15.02.2011

Passer

Il faut passer tout seul, tout seul
Serrer les draps froids et les dents
Tout seul

Et ne plus penser au printemps
Mais avoir peur comme un enfant
Tout seul

Attendre elle viendra couvrir
Ta solitude d’un linceul
Tes rires

08.02.2011

Enfant

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01.02.2011

J

 

Je ne suis pas un salaud mais
Je sais que vous ne savez pas
Mes beaux étés
 
Quelques câlins au fond des bras
Quelques baisers au fond des bois
Quelques inconnu(e)s
 
Le cœur qui bat dans le silence
D'une chambre glacée et nue
Mais quand j'y pense...

31.12.2010

Rêve

Le soleil s'est couché, il neige
On repousse la paperasse
Pas les rêves
 
Dehors les visages se froissent
Sur la vitre veinée de glace
Un dessin
 
Des petits doigts de petits d'hommes
Ont tracé de curieux chemins
Longs et mornes.


 

23.12.2010

Poupée tracas

Je n'ai plus peur, poupée tracas
Poupée de papier que tu froisses
Entre tes doigts
 
Sous l'oreiller, poupée de glace
Poupée de son et de grimaces
Ton sentier noir
 
Tes rats qui croquent la maison
Leurs ombres qui dansent le soir
Sur tes plafonds

21.11.2010

Jardin

Puisque sur mes plates-bandes
Tu marchas précocement
Une lande
 
Au sourire pauvrement
Au lys amer dans le vent
Un jardin
 
Où rien ne pousse plus
Aux souvenirs éteints
Corrompus.

02.10.2010

Promenade des Nourrices - Pierre Bonnard

 

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21.09.2010

Temps

Prenez le temps il est précieux
Comme ce vers que j’ai rimé
Avec tes yeux
 
J’ai pris le temps pour mieux t’aimer
Silencieux il a filé
Sur le chemin
 
Depuis j’ai peur du sentier noir
Je ne compte plus les matins
Ni les soirs.

13.09.2010

Une balade étretataise

 

 

Des sentiers de cendres et de braises
Tes pas dans mes pas ou l’inverse
Blanches falaises

Dans tes yeux et dans tes promesses ;
Le vent salé qui nous transperce
Le ciel est noir.

Dans cet hôtel de quatre sous
Les fruits de mer sont des phares
Aux reflets roux.

 

 

25.08.2010

Omoplates

 

La nuit est épaisse et moite
Je joue dans le noir avec
Tes omoplates
 
Un beau corps mais un cœur sec
Dehors j’entends la collecte
Des éboueurs
 
Le vieux chat dort, il est sourd
Le front perlé de sueur
J’attends le jour.
 
 

26.06.2010

Bonnes vacances

Sur le tarmac derniers élèves
Les fenêtres sont entrouvertes
Sur quelques rêves
 
Liste des noms liste des pertes
Le billet n'a ni queue ni tête
Plus que des chaises
 
Absent absent absent absence
Déjà des cendres sur la braise
Bonnes vacances.

 

 

Sur le tarmac derniers élèves
Les fenêtres sont entrouvertes
Sur quelques rêves
Liste des noms liste des pertes
Le billet n'a ni queue ni tête
Plus que des chaises
Absent absent absent absence
Déjà des cendres sur la braise
Bonnes vacancecances.

14.05.2010

Jeune fille

 

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04.05.2010

La senda negra.

Me vuelvo, ô cuánto
se fueron sobre otros caminos
sí, cuánto?

No soy único, mis niños
son unas piedras que se  deposita
sobre otros caminos

Me vuelvo, sin creer en eso
veo a un niño que se parece
A la senda negra
.
 

(tentative de traduction français/espagnol avec le traducteur Reverso)

 

16.03.2010

Presque rien

Nous serions deux et serrés
Si, si tu m’avais choisi
Et aimé

Deux tourtereaux dans un nid
Couvant deux ou trois petits
De nos yeux

Mais je ne suis à la fin
A peine, un ami, trop peu
Presque rien

09.03.2010

La morte amoureuse

La morte amoureuse aux bras blancs
A les yeux injectés d'amour
Et de sang

Au bord du lit dans ce séjour
Entre la mort entre le jour
Elle sourit

La séductrice aux lèvres rouges
Dépose un long baiser rubis
Comme une louve

25.01.2010

Elle

Qui est-elle, elle qui, elle
Le fruit glacé et amer
Celle

Le fruit le serpent ma chair
Le soleil rouge lumière
Obscur

Toi, elle, je me souviens
Hélas je ne suis plus sûr
De rien

28.12.2009

Autoportrait d'une année de merde qui s'achève...

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Bonne année à toutes et à tous

23.12.2009

Ce matin

 

Ce matin nous nous aimions un peu
Tandis que les toits étaient blancs
Et venteux
 
Dans la brume dehors j’entends
Les feuilles folles et les enfants
Et les années
 
Tandis que les toits étaient blancs
Ce matin nous nous sommes aimés
Comme avant.



28.11.2009

Demain

Le regard pétillant les bulles
La jeunesse et ses océans
L’écume

Mais demain où vont les enfants
Blanchis et la neige et le vent
Les froissent

Sur le chemin des écoliers
C’est toujours la main qui passe
Les petits pieds

06.11.2009

Souci

Je n'ai d'autre souci que le tien
Comme une chose précieuse
Mon seul bien

Parfois je le perds au matin
Trop gris sans même y réfléchir
C'est la nuit

Et tu pleures un peu nous doutons
De notre amour de tout de rien
Nous nous aimons

26.10.2009

Regret

Le temps sur nos têtes a pesé
Comme un point d’interrogation
J’ai oublié
 
Le banc où nous nous embrassions
Le café et le tabac blond
La pépinière
 
Mais pas ce curieux regard
Emeraude à travers le lierre
D’un  regret


25.10.2009

Jeune fille

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23.10.2009

Vos yeux

Mes nuits sont blanches, c’est l’aube
Les rues sont belles et silencieuses
A qui la faute ?
 
Ni l’or des feuilles baladeuses
La place aux fontaines boudeuses
Ni le vieil or
 
Plus rien sauf encore vos yeux
Votre amour est le ciel bleu
De ce décor.


11.10.2009

La vieille dame

C’est un matin au bord du gouffre
Un petit goût de paradis
Ou de soufre
 
Elle se meurt dedans son lit
La dame dans ses draps jaunis
Il est tard
 
Tandis que d’autres ont bien le temps
Tout au bout du sentier noir
Elle attend.


 

25.09.2009

Sentier noir

Pour les autres un peu j’ai souffert
Versé une larme inconnue
Et deux Pater
 
Plus rien à prier j’ai tout bu
Plus rien à donner déjà vu
Le sentier noir
 
Il pleut sur des roses abattues -
Sur de vieux arbres tordus
Tombe le soir.


20.09.2009

Pchitt

J’ai peur, tout se réduit à rien
Tout s’évapore la vie comme
Peau de chaqrin
 
Au fond de mon lit elles dorment
Ces amours, ces fêtes la somme
De mes regrets
 
Je ne rêve plus  les hiers
Je ne rêve plus les après
Comme la pierre


28.08.2009

Bonnard, La petite blanchisseuse

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24.08.2009

La mer

On regardait la mer un peu
Effleurant au hasard un mât
Silencieux

Mais sur la grève quelques pas
Se froissaient sur les galets froids
On aurait dit

Deux vieux se jetant une blague
Au visage et jetés ici
Par une vague.

06.07.2009

Un mot de trop

C’est le moment comme la pierre
Mon cœur aux arrêtes aiguisées
Me fait la guerre

Un mot de trop, un peu salé
Un pas de plus vers cette entrée
Vers la sortie

Sur le sentier où tout s’éteint
Je m’en vais, tu es si jolie,
Comme un refrain.

25.06.2009

Pianoman

L’homme au piano est bien mort
Lui qui jouait de vieux standards
Hier encore
 
Je l’écoutais assis au bar
Un whisky sur le comptoir
J’étais le seul
 
Il s’en moquait sur son piano
Il massacrait sans qu’on l’engueule
Quelques morceaux.


14.06.2009

Le micheton

Un micheton ayant sabré
Cherchait sans succès son morlingue
Sous son gilet

La foule voyait ce baltringue
User ses fouilles comme un dingue
Et l’écrémeuse :

On va te mettre une peignée
Si tu tiens à tes valseuses
Lâche le blé !

03.06.2009

Printemps, l'enfant. Stieglitz 1903.

Printemps, l'enfant. Stieglitz alf. 1903.jpg

25.05.2009

Réconciliation

Je me suis tu. Devant la mort
On réfléchit aux gens qu’on aime
Encore

Je ne l’aimais pas lui qui sème
La poudre et le vent de la haine
Sema

Toi qui pars en cendre en fumée
Toi qui m’oublies déjà
Repose en paix

22.05.2009

Pas loin de 17H

Je ne suis plus si jeune (16 heure)
Entendez-vous dans nos campagnes
Sonner les heures

Sur le chemin quelques cocagnes
(16h33) enlève ton pagne
Je suis malade

Par cœur par cœur contre ton corps
Tu aimes encore la salade
Moi je m’endors

17.04.2009

A mes amis

A mes amis que j’ai aimé
Vous tous accrochés aux dentelles
De mes années,

Dans vos pas qui se renouvellent
Parfois et d’autres dans leur ciel
Je dis un mot

Un seul mot, cinq lettres qu’on dit
Cinq lettres, juste ce qu’il faut
Merci.

17.10.2008

Automnes

Voici l'ami des mauvais jours
Qui dépose des feuilles d'or
Sur les faubourgs

Il me semble qu'il pleut dehors
C'est la jeunesse qui s'endort
Sur les pavés

Tant d'automnes ont passé déjà
Les trottoirs sont à peine usés
Sous nos pas.

15.07.2008

Masque

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13.06.2008

La femme silencieuse

Silencieuse comme la pierre
Tu dors, ô femme sans visage
Dessus ton père,

Toi qui n’as plus de voix, plus d’âge
Sur le marbre une seule image
Un seul sourire

Et la douleur de ton absence.
Le temps a saupoudré tes rires
De silence.

20.05.2008

Les saules noirs

Le long des champs mélancoliques
Entre les saules noirs pleureurs
Ou étiques

J’ai vu le passé j’ai vu l’heure
Les canaux où j’irai sans peur
Me noyer

Une main sur l’épaule nue
La vie passa tu m’as aimé
Je n’ai rien vu

02.05.2008

Auschwitz

Auschwitz est un escalier rouge
Huit marches rouges pour l’enfer
Vestiaires rouges

Les moins que rien moins qu’une mère
Les moins qu’orphelins sous la terre
Les moins qu’humains

Les petits pas ont la mémoire
Petits pas au petit matin
Vestiaires noirs.

17.04.2008

Enfance

Voyez-vous l'ombre sous ses yeux
Sous ses beaux yeux, voici le temps
Qui mousse un peu

A peine. Un jardin d'enfant
A peine. Quelques printemps
Le sentier noir

Tes petits pas sur les graviers
Ta main que j'effleure au hasard
Tes petits pieds.

14.03.2008

Marie

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11.03.2008

Des oranges en février

Des oranges en février
Entre la terre et la mer
Des palmiers

Des maisons d’os et de chair
Le gothique et la lumière
La Rambla

On frémit on s’abandonne
A la douceur de tes bras
Barcelone

18.11.2007

A la fin.

J'avance un peu mais peu importe
Je sens déjà que vient la fin
Elle m'emporte

Elle m'emporte et c'est en vain
Que je résiste encore enfin
J'ouvre ma porte

Il fait très froid sur ton chemin
ô saison, très froid, à la fin
L'hiver m'emporte.

17.11.2007

Là-haut.

Dans l'air le froufrou des oiseaux
Ailes d'argent sous l'or des cieux
Vastes troupeaux,

S'en vont là-haut parmi les Dieux
Pareils à des anges de feu
Sous les orages,

Plus haut, toujours plus haut là-bas
Où moutonnent quelques nuages,
Je reste en bas.

11.11.2007

Jeune et poilu.

Dessous les champs des forçâts
On dort en chien de fusil
Pauvre soldat

J’ai vingt ans, tombé ici
Inconnu pour l’ennemi
Et pour la France

Je serre ma baïonnette
Près de mon cœur en silence
Pauvre squelette.

10.11.2007

Autoportrait.

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09.11.2007

Nuit.

Dans ma nuit quelques clous d’argent
Scintillent attachant au ciel
Le firmament

La lune est un croissant de miel
Doré et roux ainsi qu’ Uriel
Aux bras de feu

Dans ma nuit je ne vois que toi
Les étoiles sont dans tes yeux
Tout près de moi.

04.11.2007

A Camille (?)

Ces tombes grises aux noms évaporés
Dessous dans leurs armures blanches
Des morts qu’on a laissés

Dans l’océan livide c’est dimanche
Tandis que pourrit sous la planche
Une très jeune fille

Sur le marbre mangé par les hivers
Une date, un prénom : Camille.
Aux enfers.

 

Tombe abandonnée d’une jeune fille morte à 17 ans Cimetière de N.

30.10.2007

Les pas. (seconde mouture).

Lorsque tous les matins se traînent
Tout au fond de ce lit glacé
Comme la Seine

Lorsque les pas sont fatigués
Toujours d’user les mêmes pieds
Les mêmes rues

Lorsque le soir a ses humeurs
Quelques chagrins qui se sont tus
J’ai peur.

28.10.2007

Tu fais la gueule.

J'ai nappé la table d'orange
Dressé quelques couverts vermeils
Pour toi mon ange,

Et chaque assiette à sa chandelle
Le vin une robe vermeille
Comme tes lèvres,

Le triste soir quand on est seul
Jolies prunelles qui font grève
Tu fais la gueule.

21.10.2007

Tapis.

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Les pas.

Lorsque tous les matins se traînent
Tout au fond de ce lit glacé
Comme la Seine

Lorsque les pas sont fatigués
Toujours d’user les mêmes pieds
Les mêmes rues

Dans ce miroir sombre et hautain
Oui, toujours ce même inconnu
Qui crie en vain.

19.10.2007

La nuit.

C’est le jour qu’on éteint
A peine un souffle
Enfin

Le drap qui emmitoufle
Pieds et pantoufles
Aussi

J’irai dans tes faubourgs
Ma belle nuit
D’amour

16.10.2007

Lit.

Ce matin est pénible, mon lit
Tyran déguisé en linceul
Gémit,

J’y suis toujours un peu trop seul
Chaque matin porte le deuil
De toi,

Parfois une ombre que j’effeuille
Me froisse un peu entre ses doigts
Comme une feuille.

14.10.2007

Fier.

Fier, le refrain d’un autre
Aux oreilles de nulle part
A qui la faute ?

A voir à peine
Le long sommet des lys
Je t’aime

Fier au petit soir
Fumeux quelques cigares
Quelques cendres

A peine sur l’isthme
De ta voix
Quelques cordes en rappel

Fier puisque demain
Il me semble
Tout s’éteint

La note incertaine
Infidèle
Sereine.

13.10.2007

Origine du monde.

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12.10.2007

Octobre.

Octobre bredouillant septembre
Matin glacé, soleil d'été
Fossé d'ambre

Que cherches-tu dans ces forêts
L'ombre amère des jeunes années
Qui nous blesse ?

Parmi les feuilles un peu folles
Regarde bien, elle s'envole
Ta jeunesse.

10.10.2007

Le diable.

J'ai embrassé le diable et vous ?
Il suffit de baisser la tête
Et les genoux,

Il faut laisser quelques miettes
Quelques remords dans la tempête
Pour le Bon Dieu,

Dormir comme tout un chacun
Ne rien voir et fermer les yeux
Chaque matin.

Bohème.

Enrubanné sur le trottoir
Il s’endort dans son manteau noir
Comme un enfant,

Il n’a plus de nom, plus d’espoir
Sous le soleil aléatoire
De ses vingt ans,

Sa bouche veut encore boire
A la jeunesse et à la gloire.
Tout fout le camp !

07.10.2007

Miroir

Celui-là dans ce miroir
Aux yeux cruels, aux yeux gris
Sans espoir

Celui qui ne voit midi
De son triste après-midi
Comme un leurre

C’est toi, c’est moi, c’est la nuit
Les belles années que l’on pleure
Tout s’enfuit.

02.10.2007

Masque.

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29.09.2007

Conversation sur le zinc.

C’est que, c’est ça presque, heu, enfin
Pas facile à, non pas facile
Ben quoi, hein ?

C’est face enfin peut-être pile
C’est ça, tu sais, si ! Inutile
Je sais plus…

Mais oui, d’accord quoi, t’es trop bon !
Où ça ? Pourquoi pas, dans ma rue…
Pauvre con.

28.09.2007

Au 77.

Ce quartier : un vieux porche vert
Les murs que la vigne rongeait
Toi derrière,

La Cour des Miracles en été
Un caddie blanc abandonné
Bruits de vaisselle,

Tout près, très loin, grondait la ville
des cris, des klaxons imbéciles
Comme un rappel.

27.09.2007

Flamme.

Regarde et l'espoir est passé
Comme un enfant et l'innocence
Et un baiser,

Tous disparus : Amours, enfance,
Amis ; dans le brasier où danse
La seule flamme,

Toi seule que mes longs silences
Ne surent éreinter, ô mon âme
Ce fut ma chance.

25.09.2007

Ophélia.

Matin brumeux, l’air est humide
Si jeune est belle infiniment
Sans une ride

Elle va les mains sagement
Sur son sein, son visage est blanc
Parmi les fleurs

Ses lèvres ne dessinent pas
Un doux sourire, elle se meurt
Elle se noie.

autoportrait.

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16.09.2007

T...

Tes trottoirs aux pavés merdeux
Encombrés de bennes en plastique
Et de boeufs,

Bordés de maisons asthmatiques
Aux fenêtres apoplectiques
Aux vieux parpaings

Tes remparts qui nous emprisonnent
Retiennent rumeurs et potins
Tes cloches sonnent.

14.09.2007

Gare.

Un café rêve sur le zinc
Et sa maîtresse broie du noir
J'en suis dingue,

Elle est belle comme un hasard
Un train, maudit train, rentre en gare
C'est le sien,

Son café noir ne rêve plus
Il est froid ainsi qu'un matin
Superflu.

13.09.2007

Septembre.

Septembre et tout s'enfuit déjà
Les enfants sont plus grands, plus sombres
Plus loins, je crois

Ils s'éloignent dans la pénombre
Leur regard est celui des ombres
Des inconnus,

De la multitude qui danse
De celle qui sourit et tue
En silence.

04.09.2007

Ça se termine ?

Ça se termine ? Crépuscule
Les repas sont froids, silencieux
Chacun sa bulle,

Bruits de fourchettes, au fond des yeux
Difficile ce mot : adieu
On aime plus,

Tes pas, ta voix sont anonymes
Dans ma maison une inconnue
Ça se termine.

27.08.2007

Enfant.

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26.08.2007

Adieu.

Je me suis retourné une dernière fois
Et voir tous ces chemins mille fois parcourus
Et voir toutes ces croix,

Vous êtes morts je crois, je ne vous aime plus
Vos rêves, vos enfants, vos amours, inconnus
Ne m'intéressent pas

Vagues silhouettes noires, et froides et silencieuses
Au bord de mes fossés, vous me tendez les bras
Entendez-vous ? Entendez-vous ?
C'est votre tombe que je creuse.

24.08.2007

Berceuse pour les petits d'hommes.

Une nuit pareille au jour
Sous la lune aimable comme
Un abat-jour,

Dormez, dormez petits d’hommes
Qu’accompagnent votre somme
Des rêves doux,

Que ronfle votre innocence
Le monde est peuplé de fous
Silence.