13.06.2008

La femme silencieuse

Silencieuse comme la pierre
Tu dors, ô femme sans visage
Dessus ton père,

Toi qui n’as plus de voix, plus d’âge
Sur le marbre une seule image
Un seul sourire

Et la douleur de ton absence.
Le temps a saupoudré tes rires
De silence.

20.05.2008

Les saules noirs

Le long des champs mélancoliques
Entre les saules noirs pleureurs
Ou étiques

J’ai vu le passé j’ai vu l’heure
Les canaux où j’irai sans peur
Me noyer

Une main sur l’épaule nue
La vie passa tu m’as aimé
Je n’ai rien vu

02.05.2008

Auschwitz

Auschwitz est un escalier rouge
Huit marches rouges pour l’enfer
Vestiaires rouges

Les moins que rien moins qu’une mère
Les moins qu’orphelins sous la terre
Les moins qu’humains

Les petits pas ont la mémoire
Petits pas au petit matin
Vestiaires noirs.

17.04.2008

Enfance

Voyez-vous l'ombre sous ses yeux
Sous ses beaux yeux, voici le temps
Qui mousse un peu

A peine. Un jardin d'enfant
A peine. Quelques printemps
Le sentier noir

Tes petits pas sur les graviers
Ta main que j'effleure au hasard
Tes petits pieds.

11.03.2008

Des oranges en février

Des oranges en février
Entre la terre et la mer
Des palmiers

Des maisons d’os et de chair
Le gothique et la lumière
La Rambla

On frémit on s’abandonne
A la douceur de tes bras
Barcelone

18.11.2007

A la fin.

J'avance un peu mais peu importe
Je sens déjà que vient la fin
Elle m'emporte

Elle m'emporte et c'est en vain
Que je résiste encore enfin
J'ouvre ma porte

Il fait très froid sur ton chemin
ô saison, très froid, à la fin
L'hiver m'emporte.

17.11.2007

Là-haut.

Dans l'air le froufrou des oiseaux
Ailes d'argent sous l'or des cieux
Vastes troupeaux,

S'en vont là-haut parmi les Dieux
Pareils à des anges de feu
Sous les orages,

Plus haut, toujours plus haut là-bas
Où moutonnent quelques nuages,
Je reste en bas.

11.11.2007

Jeune et poilu.

Dessous les champs des forçâts
On dort en chien de fusil
Pauvre soldat

J’ai vingt ans, tombé ici
Inconnu pour l’ennemi
Et pour la France

Je serre ma baïonnette
Près de mon cœur en silence
Pauvre squelette.

09.11.2007

Nuit.

Dans ma nuit quelques clous d’argent
Scintillent attachant au ciel
Le firmament

La lune est un croissant de miel
Doré et roux ainsi qu’ Uriel
Aux bras de feu

Dans ma nuit je ne vois que toi
Les étoiles sont dans tes yeux
Tout près de moi.

04.11.2007

A Camille (?)

Ces tombes grises aux noms évaporés
Dessous dans leurs armures blanches
Des morts qu’on a laissés

Dans l’océan livide c’est dimanche
Tandis que pourrit sous la planche
Une très jeune fille

Sur le marbre mangé par les hivers
Une date, un prénom : Camille.
Aux enfers.

 

Tombe abandonnée d’une jeune fille morte à 17 ans Cimetière de N.

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